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Retour sur mon premier marathon, le Swiss City Marathon 2014

MarathonLucerne

Cette histoire a commencée le jour où je me suis inscris au demi-marathon de Greifensee au mois de Juin 2014. À cette époque, j’étais vraiment motivé pour passer mon premier semi sous la barre des 1:35:00.
Après avoir parcouru pas mal de sites pour dénicher des plans d’entrainements potables, j’ai trouvé mon bonheur sur le site conseils-courseapied.com avec un plan à 4 entrainements par semaine s’étalant sur 12 semaines.
Sachant que mon mariage était prévu le 3 Août à l’étranger, je devais arriver à jongler entre la préparation de ce moment unique avec ma future épouse, ma petite famille, mon boulot et trouver du temps pour cet course de Septembre.

Greifenseelauf 2014…

Le Semi arrivait à grand pas et mon entraînement se déroulait parfaitement. J’ai enchaîné 3 sorties en semaine à la pause déjeuner et une sortie longue le dimanche matin pendant que ma femme et le petit dormaient.
J’ai passé la ligne d’arrivée des 21km le 20. Septembre 2014 en 1:33:51!

Départ Grienfenseelauf 2014

Le départ du Grienfenseelauf 2014

Le lendemain, alors que j’ai raconté ma course à un collègue de bureau, ce dernier m’a dit qu’un ami à lui avait réussi le marathon de Zurich en dessous de 4 heures sans pour autant avoir fait des sorties très longues…

Par rapport au nombre de kilomètres que j’avais déjà couru pour l’entraînement du semi, il me paraissait soudain possible de rajouter 3-4 sorties un peu plus longues pour un semi et de rallonger mon plan d’entraînement déjà bien en place pour avoir l’espoir de finir un marathon.
Assez motivé pour en découdre avec la distance reine, je me suis inscris un soir assez ambitieux au marathon de Lucerne dans la catégorie 3:30:00-3:45:00.

Le doute

J’ai donc continué mon entraînement sur 16 semaines au lieu de 12 initiales et mis 3 sorties longues de 2:30:00 pour m’habituer à des distances plus élevées qu’un semi.
la 16ème semaine fût pour moi assez stressante d’une part par la peur d’attraper un rhume quelconque qui pourrait porter préjudice le jour du marathon mais également de la peur de l’inconnu… Que va t’il se passer au moment du franchissement du fameux “Mur”, est ce que mon corps va accepter ces 42km195, les ravitaillements et surtout le système gastrique va t-il fonctionner sur 4 heures intenses de course à pied.
Pas mal de questions qui étaient pour moi sans réponse jusque là…

La veille et le jour J

Me voila donc la veille de mon premier marathon, la boule au ventre et n’ayant plus envie d’une énième assiette de patte, j’ai demandé à ma femme du riz avec du blanc de poulet pour mon dernier repas la veille de la course.
Une fois ce dernier pris, je fais un check-in complet de mon équipement, ma montre, mes gels etc… pour être sur de ne rien avoir oublié pour le lendemain. Je me couche assez stressé et je m’endors vers 1:30 du matin…

Tenue swiss city marathon

Ma tenue pour le Swiss City Marathon à Lucerne en 2014

levé à 5:00 du matin, heureusement pour moi, nous somme passés à l’heure d’hiver exactement ce dimanche là, ce qui m’a permis de dormir une heure de plus.
Je bois un café et mange une portion des pâtes au thon que ma femme s’était empressée de faire la veille au soir pour m’éviter la cuisine si tôt le matin…
Sac sur le dos, je pars en direction de la gare de ma ville à pied et après 20 bonnes minutes me voici sur le quai en train d’attendre mon train pour Zurich en essayant de repérer/détecter les gens tout comme moi -à défaut de sortir de boite- qui se retrouvent sur le quai en survêtement avec un sac à dos un dimanche à 6:00 du matin.

Changement de train direction Lucerne, j’atterris dans un wagon avec la moitié des gens qui participeront au Semi, environ 3 ou 4 autres concentrés sur leur plan de course du fameux marathon et enfin, 4 ou 5 fêtards s’extasiant devant des coureurs qui vont parcourir dans moins de 2 heures ces fameux 42.195km alors que eux ne rêvent que de leur lit.

Arrivé à Lucerne, je reconnais la Suisse dans toute sa grandeur, organisée à faire rougir les plus grandes nations de la planète.

Une navette (un bateau) nous attend à la sortie de la gare pour nous permettre de rejoindre l’endroit de la remise des dossards et un peu plus loin nos sas de départ. Bien entendu, les gens sont en rang, attendent sagement leur tour pour embarquer et de mon coté je vois pour la première fois le fameux passage du KKL.
Je récupère mon dossard « 1210 » et me rend dans la partie « Garderobe » (autrement dit le vestiaire pour les hommes), discute avec deux vétérans qui me questionnent sur mes chaussettes de compression et je vais ensuite déposer mes clés, portes feuilles et téléphone au objets précieux.
Je met rend dans la zone de départ environ 30min avant le coup de feu, en allant deux fois aux toilettes pou être sûre de me retrouver dans le sas de départ sans besoin urgent… Me voici sur cette grande avenue avec la description des sas et les premiers pacemakers qui discutent un peu avec les coureurs anxieux pour les rassurer. Un mélange d’anglais, d’allemand et de français, je fais parfois la traduction pour certains qui souhaitent avoir les dernières infos sur le parcours tandis que je me placement tranquillement à coté du « monsieur 3:30:00″…

9:05 c’est mon tour!

À 09:00:00 premier départ des moins de 01:30:00 au semi et moins de 03:00:00 au marathon autrement dit l’élite!
les 5 prochaines minutes me permettent de me rapprocher un plus plus de l’un des 4 pacemakers pour les 03:30:00 puis le second départ retentit.
Me voilà lancé dans le dos de « 3:30 » (il n’y avait que ça sur son dossard) parmi une 20ene d’autres coureurs, et surtout monsieur 1:35:00 du semi qui embarque également 35-40 coureurs à lui tout seul.
Ça joue pas mal des coudes, et je me rend très vite compte que mon monsieur 3:30:00 pars sur des bases beaucoup trop rapides à mon goût.
Sur une allure de 04:30/km, je me vois déjà tirer la langue au kilomètre 20 et être complètement grillé au kilomètre 25, je décide donc de réduire mon allure pour me caler aux alentours de 05:00/km sur les 5 premiers kilomètres histoire de voir mes sensations.
Une température assez clémente 8°C avec un temps couvert me permette d’arriver au kilomètre 10 sans encombres au premier ravitaillement sur lequel j’avais prévu de prendre un gel.
Tout se passe à merveilles, j’ai de bonnes sensations et de bonnes jambes malgré les deux petites bosses où certains tirent la langue je termine ma première boucle avec un retard de 5min sur mon chrono visé qui était de 3:26:42.
Après le passage dans le KKL, où la musique bat son plein, c’est le moment ou les coureurs du semi continuent tout droit et les futur marathoniens font demi-tour pour entamer la seconde boucle.

On prend les même on recommence

Me voici donc lancé dans ce “second semi” avec un deuxième gel au kilomètre 20 ayant pour seul but désormais de rattraper mon retard de 5 minutes tout en restant sous 82% de ma FCM (Fréquence Cardiaque Maximale) pour éviter d’aller taper dans les graisses trop vite.
Je dois quand même dire que c’est assez frustrant de se retrouver pendant pas moins de 3 km à contre courant des gens qui en auront bientôt fini avec leur semi alors que pour nous, le plus dure est à venir…
Au kilomètre 25, en ayant toujours de très bonne sensations, je dépasse 2 Pacemakers 3:30:00 ce qui me permet d’espérer avoir repris mes 5 minutes de retard.
J’approchais du fameux mur des 30km que j’appréhendais comme quelque chose d’assez difficile à surmonter, mais je n’ai pas pour autant ralenti la cadence, passer ce fameux trentième kilomètre, je n’ai eu aucunes baisses de régime, bien au contraire, après la prise de mon troisième gel, j’ai gardé mon allure de 4:45/km sans trop de mal malgré les kilomètres qui avaient déjà été parcourus.

Le Kilomètre 36…

Il fut pour moi, le moment décisif de la course, un assez gros coup de pompe m’a fait changer de rythme assez brutalement, le « fameux Mur » était bien là, j’ai commencé à revoir mon objectif à la baisse et me caler sur un finish à 3:45:00. Par chance, j’ai entendu “Achtung Gruppe Links!!” (Attention, groupe à gauche!!) dans un parfait suisse-allemand… C’était le groupe des 3:30:00, mené par un grand monsieur (dont j’ai appris par la suite) de 53ans qui a terminé premier dans sa catégorie aux 100km de Fribourg, et qui a pour record personnel 3:03:00 à son meilleur marathon. Autrement dit pour lui, une promenade de santé.

Le Pacemaker, mon sauveur

J’ai donc recolé au groupe, pour essayer de suivre les 6 derniers kilomètres qui me restaient et j’ai passé le kilomètre 40 en ne me soucient que d’une chose, caler mes foulées à l’identique de celle du pacemaker! Mon pouls quand à lui est passé à 91% de ma FCM mais il n’était plus questions de s’économiser.
Arrivé au km 41, le pacemaker laisse partir “ces enfants” qu’il a mené depuis le km 0, avec une dernière phrase: “allez donner tout ce que vous avez, ce n’est pas grave si moi je fini après 3:30:00!”
À ce moment, je pars accompagné d’une jeune coureuse et d’un coureur un peu plus vieux que moi, nous courons cote à cote, et je ne pense qu’à ce dernier kilomètre et ces 195m qui me reste à parcourir, j’entends au loin “Allez Julien, Hop Hop Hop, Vamos!” et je vois mon beau père, ma belle mère, ma femme et mon fils au bord de la route qui m’encouragent pour les derniers mètres…
Je reprend le sourire, j’aperçois le tapis rouge, les gens tapent sur les barrières en bois, l’arrivée ce fait au coeur du musée suisse des transports.

Je siffle, regarde les gens, lève les bras et passe la ligne en 3:27:51…Ça y est je suis désormais un marathonien…

Medaille swiss city marathon

La fameuse récompense du Swiss City Marathon 2014

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